dimanche 29 janvier 2012

Vloguer et bloguer… Mais pourquoi je fais ça?

Depuis que j’ai commencé mon blogue et plus récemment mon vlog, beaucoup de gens se sont joints à moi sur cette page Facebook de www.facebook.com/principe.hirondelle.

Au départ, quelques amis et des anciens élèves qui me sont restés fidèles même dans les pires tourmentes (ha ha). Au départ, donc, des gens généreux qui m’ont rendu amplement l’amour qui m’avait animé en les rencontrant. Des gens beaux. Des gens honnêtes. Des gens authentiques.

Je veux d’abord rendre hommage à ces gens qui me suivent depuis le début. Merci à vous de me donner cette énergie de continuer, jour après jour, à préparer des textes et des vidéos. Parfois l’un d’entre eux m’écrit et commence presque toujours par : je ne sais pas si tu te souviens de moi. Mais bien sûr. Comment puis-je oublier ces perles que vous êtes?

Par la suite, le nombre de personnes a augmenté. Et ça continue. Des gens s’ajoutent à chaque semaine. Je veux leur dire un grand bienvenue chez moi, dans cet espace public où nous nous rencontrons à travers de mes publications. Je suis content que vous vous joigniez à moi, à nous et qu’ensembles nous puissions réfléchir sur la vie, sur l’humanité, sur ce que nous faisons sur terre.

Quelqu’un l’autre soir m’a fait remarquer qu’il n’y avait jamais de commentaires déplacés et irrespectueux sur ma page. C’est vrai.

Il est certain que je ne les tolérerais pas. Pourtant, ce n’est pas arrivé très souvent que je doive enlever un commentaire pour manque de respect ou pour mépris. Et je pense que c’est d’abord dû à la qualité des personnes qui se retrouvent sur cette page. Vous.

Je veux vous rendre hommage ici en même temps que vous expliquer pourquoi je prends tout ce temps à écrire et à enregistrer.

J’ai en effet la conviction que ma mission personnelle est d’aider les gens à « passer » d’un stade à un autre, d’une étape de développement à l’autre, d’un état à un autre. Et cette aide que j’apporte passe beaucoup par la parole. Écrite et parlée.

Je suis quelqu’un qui parle (ceux qui me connaissent savent que je mourrais si j’arrêtais de parler). Je suis aussi quelqu’un qui attire les gens qui ont besoin d’aller quelque part, de faire leur prochain pas de développement afin que je les accompagne dans ces changements. C’est bien honnêtement ce que je fais de mieux et outre la psychothérapie que je continue à pratiquer, le vlog et le blogue sont des outils privilégiés pour réaliser ma mission de vie.

Je crois aussi que, par les temps qui courent, nous sommes plusieurs en ce monde à avoir cette mission.

Parce qu’aujourd’hui, c’est l’humanité qui doit passer à un autre stade.

Le temps des jugements et du mépris des autres est terminé. Le temps de l’égocentrisme monstrueux tire à sa fin. Il est clair pour moi que nous ne survivrons pas si nous ne faisons pas de ce monde une vaste communauté d’entraide, d’amour et de compassion.

Et pour cela, j’en ai l’intime conviction, nous devons être le changement que nous voulons. Nous devons nous regarder afin de nous changer nous-mêmes. Nous devons cesser de nous haïr et de mettre constamment la faute sur les autres.

Et c’est dans cet esprit que j’écris, que je parle, que je publie.

Afin de me changer moi-même et d’aider les autres à se changer eux-mêmes.

Cela fait que nous nous retrouvons tous autour de cette idée. Des gens de bonne volonté. Des gens qui sont prêts à passer à un autre stade. Des gens, peut-être, qui ont l’impression d’être des extra-terrestres dans ce monde. Mais des gens aussi qui restent dans l’humilité de la conscience de leurs propres paradoxes intérieurs. Des gens qui veulent avancer personnellement.

Merci donc à vous d’être là. Merci de me soutenir.

Vous êtes mon énergie, mon soleil, mes amours.

samedi 21 janvier 2012

Le sempiternel jugement, encore!

Depuis trois jours, je me heurte – c’est le cas de le dire – à des articles ou des blogues où des personnes jugent d’autres personnes sous le couvert de débats d’idées.

Merde!

Moi, ça me heurte. Violemment.

Peut-être est-ce parce qu’on a souvent jugé ma personne et que j’en ai été profondément blessé?

Peut-être aussi parce que je me reconnais tant dans ceux qui jugent et que je m’emploie à bannir de ma vie cette façon de faire que je trouve horrible?

Toujours est-il qu’à chaque fois que je lis un jugement, c’est comme si je recevais une claque au visage. À chaque fois, c’est comme si c’était à moi qu’on adressait le jugement.

Carl Rogers, ce grand psychologue humaniste du milieu du vingtième siècle, avait pourtant démontré que le développement se fait dans l’accueil de la personne et qu’il y a une énorme différence entre poser un jugement sur lui et un jugement sur ce qu’il fait. Nous savons ça depuis 1942. Malheureusement, on dirait que ça n’entre pas dans nos cerveaux.

Il y a 2000 ans, quelqu’un (on le connaît, n’est-ce pas?) a posé les bases de cette « nouvelle attitude » en refusant de condamner une femme adultère pourtant passible de lapidation et en exhortant ceux qui étaient là à regarder la poutre de leur œil plutôt que la paille dans celle de l’autre.

Le bouddhisme, qui enseigne la compassion, le non-jugement et l’observation de soi prône également ça et devient peu à peu populaire en occident.

Marshall Rosenberg a démontré clairement qu’en attaquant des personnes, elles ne font que se défendre et on court à l’impasse.

Pourtant, on continue. Obstinément.

Le message de Carl Rogers est encore mal compris. Soit on accepte tout d’une personne au nom de « l’accueil inconditionnel », ce qui produit les « enfants-rois » qu’on connait aujourd’hui, soit on décrète - mais peut-être inconsciemment – que l’accueil inconditionnel ne sert à rien et on continue à « attaquer » son prochain à grands coups de mots.

Personnellement, j’ai remarqué que depuis qu’on a interdit les coups réels dans les écoles, on n’a pas banni la violence. Elle est maintenant verbale. À coups de jugements. Elle est pernicieuse, parce qu’elle n’a pas laissé de trace visible.

Traiter les gens de cons, de caves, de « jambons », ai-je lu plus récemment, semble être la manière de discourir dans les échanges d’idées, et ce peu importe la classe sociale, peu importe le niveau d’éducation, peu importe le « niveau intellectuel ».

Qu’on le dise adroitement avec des mots qu’une majorité de gens ne comprendront pas ou qu’on le dise de la façon la plus vulgaire qui soit, un jugement reste un jugement et celui qui est jugé n’a que le goût de se défendre. Pas de se poser des questions sur ses actions.

Discourir sur des faits, des actions, des idées, ça, ça fait avancer le monde.

Poser en début de discussion la prémisse que « tu es un cave si tu ne penses pas comme ça », c’est simplement courir à la confrontation.

Je rêve souvent du jour où on pourra discuter d’idées sans pour autant tenter de les imposer à grands coups d’expressions assassines!

Je rêve du jour où chaque humain appréhendera l’autre pour ce qu’il est : un humain digne qui, certes, parfois, fait des conneries.

Et j’accepterais volontiers qu’on me dise, mais avec bienveillance pour ce qui je suis : « Jean, sur ce coup là, JE crois que tu as fait une connerie. »

Mais jamais, au grand jamais, je n’accepterai qu’on m’affirme avec un air méprisant : « Jean, TU ES un con! »

Parce que décréter que quelqu’un est un con, c’est d’emblée décréter que je détiens la vérité, que j’ai le pouvoir de lire les cœurs, d’évaluer les intelligences, que JE SAIS.

C’est au final, se prendre un peu pour Dieu.

Et ça, c’est une immense connerie!

jeudi 19 janvier 2012

"On est tous des "attention whores" anyfuckingway!"

Choqués par mon titre inspiré par un jeune qui écrit régulièrement sur Facebook? Non? Alors probablement que vous ne savez pas ce que ça veut dire ou bien que vous vous êtes assumés depuis longtemps.

Le terme « attention whores » est un terme (anglais évidemment) de la rue dont on ne trouvera pas beaucoup la définition dans les dictionnaires standards. Il désigne une personne qui a tellement besoin d’attention qu’elle est prête à faire n’importe quoi pour se l’attirer, qu’importe si l’attention obtenue est positive ou négative.



Une fois cela dit, on pourrait se demander pourquoi je nous inclus tous dans cette catégorie par mon titre aux ¾ anglais, typique des nouveaux statuts Facebook des jeunes d’aujourd’hui. (Outre le fait qu'il s'agit d'une généralisation "outrancière" et que je suis conscient que beaucoup ne se reconnaîtront pas dans cette catégorie.)

En fait, il s’agit d’une sorte de réaction à des gens qui écrivent de plus en plus pour dénoncer ce genre de pratique et qui, sans s’en rendre compte, le font eux aussi. Et comme je prône qu’on se regarde toujours d’abord, il était inévitable que ma réaction se tourne d’abord vers moi, puis vers les gens qui dénoncent avant de regarder les gens qui le font ouvertement.

Plus précisément, ma réaction vient d’un article de David Desjardins, du magazine « Voir » qui parle du dernier bouquin du sociologue Michel Dorais « La sexualité-spectacle. » On y parle du fait qu’avec l’avènement notamment de Facebook, tout est devenu un spectacle. On vit l’éclatement des tabous et le dépassement de toutes les limites. Tout est bon maintenant pour attirer l’attention. Nous sommes, au final, des « attention whores ».



J’adore particulièrement dans son article le titre qu’il a choisi : « La culture et le cul », qui attire fortement l’attention, bien plus que s’il avait écrit « culture et sexualité », et j’adore également la façon qu’il a en toute fin d’article, de se rendre compte qu’il fait lui aussi partie du lot. (Lisez l’article, vous verrez.)

Pour ma part, ma réflexion m’éloigne cependant beaucoup de la sexualité et des tabous abandonnés. Elle m’amène plutôt à ce besoin d’attention sous-tendu par tous ces discours.

On semble décrier ce besoin comme maladif. Ce n’est pas mon avis.

J’ai toujours pensé que l’humain était un « animal social » dont un des besoins profonds était d’être relié aux autres. Le fameux besoin d’appartenance de Maslow.

Le phénomène Facebook n’est, à mon avis, qu’une manifestation éclatante de cela.

Nous vivons dans une société où nous sommes de plus en plus isolés. Les « nouveaux moyens de communication » nous relèguent derrière nos écrans. Que fait-on alors? On cherche de l’attention, naturellement.

"Papa, papa, regarde-moi!, s'écrie le jeune qui vient d'apprendre à faire du vélo!"

À cet égard, les statuts Facebook sont très éloquents à mon avis. Je lisais l’autre jour un statut mentionnant : « …se demande vraiment si c’est une bonne idée. » C’était tout. Moi, j’attendais naïvement la suite, me disant que la personne allait poser une question à ses « amis ». Non. Plus rien. Jusqu’à ce que quelqu’un lui pose cette question : « Tu te demandes quoi? ». Et voilà! Le chat était sorti du sac. Le propos de la première personne était beaucoup moins de consulter ses « amis » que d’attirer leur attention. L’objectif même de sa publication était d’amener les gens à s’intéresser à elle.

À partir de là, on peut imaginer bien des scénarios. Le mien est : je suis seul chez moi, je me pose une question. Je vais attirer l’attention des autres pour ensuite leur demander ce qu’ils en pensent. Et si ça n’attire pas leur attention, j’écrirai encore plus provoquant, jusqu’à ce qu’ils portent attention à moi. Je suis devenu une « attention whore ».

Mais cela est-il choquant?

Personnellement, j’avoue que je ne trouve pas. Nous ne faisons que prouver par cette attitude que nous avons besoin les uns des autres et qu’à défaut de se rencontrer dans un café entre potes, nous nous rencontrons sur la toile et prenons les moyens de dire aux autres : « Hey, j’existe… Portez-moi attention deux minutes! » Pourquoi pas? C’est notre nature.

On vit dans un monde où on "pathologise" malheureusement bien des comportements sains. L'expression "attention whore" en est un bon exemple. Penser qu'il est pathologique de vouloir attirer l'attention est à la fois dommage et dangereux. Nous sommes des humains. Notre condition humaine fait que nous recherchons l'attention de gens qui vont nous aimer. Nous n'avons pas envie d'être des invisibles dont personne ne s'occupe. Trop? Peut-être qu'en ce siècle de médias sociaux, cela est exacerbé. Mais ce n'est pas en apposant des étiquettes qu'on fera la différence. Pour ma part, j,avoue que je ne trouve pas ça si grave, dans la mesure où on reste conscients.

Car ce que je trouve plus embêtant, et ça a toujours été mon cheval de bataille, c’est l’inconscience.

Penser que nous n’avons pas besoin d’attention tout en faisant tout pour l’attirer, ça, pour moi, c’est un problème. C’est cette inconscience qui fait juger les autres. C’est cette inconscience qui provoque l’intolérance. C’est cette inconscience qui empêche l’humanité d’évoluer.

Attirer l’attention? Pourquoi pas? Tant que je suis conscient que c’est ce que je suis en train de faire, je pourrai me rendre compte si c’est trop et que j’ai quelque chose à régler en moi ou si c’est juste suffisant et que je n’ai qu’à m’assumer.

Mais si je n’en suis pas conscient, mon regard se portera encore et encore sur les autres. Je dénoncerai mes propres défauts à travers mes dénonciations des autres sans me rendre compte que ce sont mes défauts. Et rien ne changera. Parce que les changements, les vrais, c’est en soi qu’on les faits. Pas dans les autres.

Personnellement, j’avoue que je suis vraiment une « attention whore ». J’écris des textes pour être lu. Je fais des vidéos pour qu’on les regarde. Je publie sur Facebook pour qu’on me commente.

Digne fils de ma mère qui était comédienne, je fais des « shows » et j’aime ça.

Et quand je vois quelqu’un publier un statut ambiguë sur Facebook ou une photo un peu provoquante, je rigole et je me dis :

Tiens, voilà une autre « attention whore »…………. Comme moi!

Et vous? Êtes-vous une "attention whore"?

Allez, faut savoir rire de soi un peu!


(Ah oui, en passant! Pourquoi j'ai choisi un titre aussi provoquant? Ha ha ha... mais pour attirer l'attention, bien sûr!)