J’ai rebaptisé ma page Facebook : L’univers de Jean Rochette :
intégrer les contraires.
J’aime beaucoup ce titre qui reflète totalement ma pensée.
Et aujourd’hui, je voudrais vous l’expliquer.
Certaines personnes qui m’ont écouté sur mon canal You Tube
ou qui m’ont lu passablement ici ont déjà remarqué que, quel que soit le
problème, je le ramène toujours à l’intérieur de nous. Jamais à l’extérieur.
Quelqu’un m’a fait quelque chose? Je vais d’abord aller voir
à l’intérieur de moi ce qui s’y passe. Pourquoi ça me fait ce quelque chose? Et
cela, avant même de me préoccuper de ce que l’autre a fait.
En psychologie, on appelle ça avoir un centre de contrôle
interne (ce que moi, je peux faire) plutôt qu’un centre de contrôle externe
(tenter d’avoir du pouvoir sur l’autre).
Mais ça va plus loin que ça. Ça va jusqu’à une sorte de
devoir d’harmoniser en soi les contraires qui s’y trouvent avant même de tenter
quoi que ce soit sur le monde qui nous entoure.
Ça va jusqu’à prendre conscience qu’on ne peut changer
personne d’autre que soi.
Ça va jusqu’à réaliser profondément qu’à se plaindre de
notre vie, on ne fait que mettre l’accent sur les causes extérieures sur
lesquels nous ne pouvons rien la plupart du temps.
L’humain est bipolaire. Avez-vous déjà remarqué? Non, pas la
maladie. L’état de l’humain.
Lorsque nous avons à prendre une décision, nous oscillons
souvent entre deux positions. En politique, il n’y a souvent que deux options
malgré que plusieurs partis se partagent les nuances de ces deux options. En
religion, il n’y a souvent qu’une seule option définie comme le bien en
opposition à toutes les autres définies comme le mal. En psychologie, nous
voudrions à tout prix scinder le monde en « normal et anormal ». On pourrait allonger la liste des exemples.
La vie aussi est à deux pôles. Blanc, noir; bien, mal;
homme, femme; oui, non; normal, anormal.
Et nous sommes très esclaves de ces positions, parce que ça
sécurise et qu’on aime bien être en sécurité. Ça permet de classifier les
choses dans le monde. Ça permet de les situer. C’est bien ou ce n’est pas bien.
Ça règle le problème. C’est plus facile.
Pensons-nous…
Jusqu’à ce qu’un jour, il arrive quelque chose dans nos vies
qui bouleverse nos idées. On se retrouve dans un état que l’on ne comprend pas.
On est déstabilisé.
Ça ne devait pas se passer comme ça.
On hésite, on ne sait plus. Deux petites voix dans notre
tête nous enjoignent chacune au contraire l’une de l’autre. Le petit ange et le
petit démon : allez, vas-y… non, non, il ne faut pas.
Et c’est comme ça parce qu’on tente par tous les moyens de
maintenir en opposé les catégories mentales que nous avons.
Et pourtant… Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Tout n’est
pas noir ou blanc, bon ou méchant, bien ou mal. Tout est sur un continuum.
Et tant qu’on tient très fort aux deux pôles, ils nous amènent
à l’immobilisme, à la stagnation. Ils ne laissent pas de place à l’imprévu. Ils
figent le mouvement.
Car si nous sommes bipolaires, nous sommes aussi en
mouvement.
Le taoïsme décrit ce mouvement comme un changement perpétuel.
À partir d’un état pur masculin, yang, s’introduit du yin féminin jusqu’à ce
que le féminin devienne pur yin et que le yang recommence à l’envahir. C’est d’ailleurs
le sens du symbole du yin et du yang où le noir yang contient un petit point
yin alors que le blanc yin contient un petit point noir yang.
Et c’est en intégrant, en nous les contraires qui s’y
trouvent que nous comprendrons mieux le monde et pourront composer avec ses
deux polarités. C’est en se laissant osciller doucement entre thèse et
antithèse que nous accèderons à la synthèse.
Intégrer ses contraires est la mission de chacun sur terre.
C’est le but ultime de toute vie.
Et à chaque fois que nous nous tournons vers l’extérieur
sans auparavant prendre le temps de faire en soi le ménage requis, nous
imposons au monde une seule façon de voir, une seule solution, une seule
vision. Une vision figée, esclave de la
bipolarité qui est aussi dans le monde. Il faut alors prendre une position
absolue. Bien ou mal, blanc ou noir, communistes ou fascistes.
Le mouvement s’arrête. Tout se fige. Il n’y a plus d’évolution.
Si nous prenons au contraire le temps de s’unifier soi-même,
d’amener en nous l’ombre à la lumière, d’accepter que le meilleur et le pire se
trouvent d’abord en nous avant même d’être dans la société.
Si nous nous intégrons de plus en plus, de mieux en mieux,
nous fuyons les extrêmes, nous brillons d’une lumière nouvelle et nous éclairons
le monde avec du nouveau, du mouvement : nous-mêmes à chaque jour
renouvelés, tendant de plus en plus vers notre rêve, remplis de plus en plus de
compassion pour l’autre et de compréhension de soi.
Voilà pourquoi j’ai décidé que dans mon univers, ma démarche
en est essentiellement une d’intégration des contraires.
Pour que le mouvement de la vie ne s’arrête jamais.
Pour que nous suivions nos rêves.
Et que chacun de nous reste toujours en mouvement.
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